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Rapport de sous-forum : ASPECTS MÉDICAUX



Chantal AUDOUIN

Avant d'aborder la co-responsabilité, posons une petite définition de la responsabilité : c'est accepter consciemment et volontairement les conséquences de ses choix et de ses actes… et gardons-la en mémoire!

Nous avons deux éléments en présence : l'équipe médicale et les parents. L'équipe médicale dispose d'un arsenal de savoir pour poser un diagnostic, et d'un arsenal technologique extrêmement riche, pour intervenir et mettre en œuvre une thérapie. De l'autre côté, les parents qui expriment un arsenal extrêmement riche aussi et multiple de désirs : désir de conception d'un enfant, désir de vivre la grossesse et l'accouchement dans certaines conditions, désir d'éducation de cet enfant… Car, rappelons-nous que l'enjeu idéologique de ce match, c'est l'avenir de l'enfant.

A partir de cet état des éléments en présence, on constate, dans notre débat, l'expression d'une frustration parentale à deux niveaux : d'une part, un sentiment de dépossession parentale par la mise en œuvre d'une technique ressentie comme excessive et perturbante ; d'autre part, une demande insatisfaite d'accueil, de sympathie au sens d'accompagnement et de soutien affectif. Pour ce qui est de ce dernier point, il faut lever l'ambiguïté : il n'est pas justifié de réclamer de l'équipe médicale de la sympathie, du seul fait que sa formation est totalement autre. Celle-ci donne le savoir et le savoir-faire mais en aucun cas, le savoir-être.

Quant à la frustration ressentie par les parents d'être dépossédés de leur place par la sur-médicalisation de l'accouchement, là encore apparaît, dans notre débat, un problème : ceux qui s'expriment proclament leur volonté d'être autonomes, responsables d'eux-mêmes et de la mise au monde de leur enfant, et agissent pour cela — création d'associations d'usagers ou de parents… — mais se désolent de constater une "demande générale du public" dans le sens de la sur-médicalisation. Le cas de la péridurale est abordé à ce sujet, il importe d'éviter la confusion entre prévention et thérapie d'une pathologie ; et il importe de donner toutes les informations qui vont justifier le choix de cette intervention — informations de diagnostic, de mise en œuvre, de conséquences possibles sur le corps maternel et sur le corps de l'enfant qui vient au jour.

Que faire pour résoudre malentendus et problèmes ? Il semble qu'il appartienne aux parents de s'informer, de choisir, de négocier et de faire évoluer la situation ; et qu'il appartienne aux "médicaux" d'informer et d'accepter de négocier.

Rappelons, à ce sujet, que c'est le "public" qui, dans les années 50, a obtenu par son combat, le droit à la pratique de l'Accouchement Sans Douleur (aujourd'hui remboursé par la S.S.); et, dans les années 70, le droit à la contraception et à l'avortement, dans les mêmes conditions.

N'y-a-t il pas un autre combat à mener pour faire évoluer les conditions médicales qui entourent la naissance ?
 
 
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