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Elle est très préoccupante pour les usagers et également pour les sages-femmes.
En effet pour des raisons économiques (d’aucuns diraient également sous prétexte de sécurité) du fait des derniers plans de périnatalité, et des divers numerus clausus, des normes particulières de présence de praticiens de la naissance sur les lieux d’accouchement, on ne trouve plus assez d’obstétriciens, de sages-femmes, d’anesthésistes, de pédiatres.
Ainsi ont été fermés de nombreux petits hôpitaux et petites cliniques dits, souvent de proximité, ceci s’étant révélé catastrophique pour l’évolution de l’accouchement physiologique.
Les protocoles imposés dans les lieux de naissance favorisent en effet une passivité, une soumission des parturientes, des mères qui n’ont pas osé pendant longtemps protester contre ces mesures protocolaires : Le désir (bien compréhensible) des divers gouvernements (toutes options politiques confondues) d’obtenir une rentabilité des lieux de naissances et de réaliser des économies budgétaires, a abouti à une politique d’occupation maximum des lits, et de concentration du personnel à des moments et sur des lieux donnés. Ainsi s’est petit à petit effectué le recours à la programmation des naissances, donc à des déclenchements plus fréquents d’accouchements (c’est d’ailleurs devenu une habitude dans certains lieux), ce qui a entraîné le recours de plus en plus fréquent de l’analgésie péridurale, car la douleur provoquée par la puissance et l’intensité des contractions utérines sous l’effet des divers agents de déclenchement (prostaglandines, ocytociques de synthèse) est insupportable !
Ainsi s’est normalisé le système « déclenchement – péridurale ». Il faut rappeler que le développement de la péridurale a été favorisé par les milieux officiels de santé d’une manière privilégiée dans les institutions hospitalières aux dépens des préparations à la naissance qui ne sont d’ailleurs pratiquement plus assurées en de nombreux endroits par manque de sages-femmes.
Cette péridurale provoque dans un certain nombre de cas une véritable atonie utérine qui peut amener une mise en place de forceps, l’indication d’une césarienne, notamment pour souffrance fœtale par anoxie : La perfusion médicamenteuse d’ocytociques déclenche une trop grande pression dans la chambre villeuse du placenta, là où se font les échanges gazeux (l’oxygène) entre la mère et l’enfant ; ce dernier est ainsi privé d’oxygène d’une manière aiguë et dans ce cas l’enregistrement du monitoring décèle ce manque, mais il peut être aussi chronique et cela est, dans ce cas, difficilement décelable.
Ainsi surviennent des réanimations de bébés peut-être un peu plus souvent qu’il ne le faudrait, si bien que ce système protocolaire qui devait, en principe diminuer les risques maternels et fœtaux, n’a pas donné d’abaissement significatif de taux de la morbidité et mortalité fœtale néonatale, alors qu’un doute subsiste quant à l’accroissement de la mortalité maternelle, et qu’en plus ce cycle déclenchement - péridurale - intervention gêne considérablement les mamans qui accouchent, et diminue leur bien-être.
Cette iatrogénie devrait pouvoir être évitée en revenant au respect de la physiologie de la naissance... D’autant que nous savons maintenant que ce système engendre et entretient une angoisse chronique importante de la mère cause de l’augmentation du taux des hormones de la famille de la noradrénaline et, par voie de conséquence, automatiquement, la raréfaction de l’ocytocine naturelle, cette hormone extrêmement importante fabriquée par la mère elle-même, que l’on retrouve à un taux maximum au moment des rapports sexuels : - Pendant l’acmé de la phase de jouissance de la femme et de l’homme - Lors du déclenchement naturel de l’accouchement - Juste au moment de la naissance de bébé - Quelques secondes avant l’expulsion du placenta - Quand l’enfant prend le mamelon du sein de sa mère
De plus, on sait que l’injection d’ocytociques synthétiques artificiels fait systématiquement disparaître l’ocytocine naturelle de la mère avec toutes les conséquences sur les cibles citées plus haut et notamment au moment du déclenchement de l’accouchement, de la naissance de bébé, de l’expulsion du placenta, de l’allaitement maternel qui peuvent ainsi être totalement perturbés.
LA DÉMONSTRATION DES EFFETS NÉGATIFS DE CETTE FORMULE DE NAISSANCE DEVRAIT SUFFIRE POUR MODIFIER TOTALEMENT NOS PRINCIPES ACTUELS D’ACCOUCHEMENTS.
Ainsi, les femmes ne pouvant se faire entendre dans les hôpitaux et cliniques, on comprend les demandes d’accouchement à domicile qui permettent d’éviter un grand nombre de ces iatrogénies, et aux mamans de retrouver leurs réactions primales instinctuelles d’accouchement, et de pratiquer la préparation à la naissance et l’accompagnement qu’elles souhaitent, avec l’aide de sages-femmes libérales au dévouement et à la compréhension sans limites, même si dans certains cas, il peut planer un doute quand un éventuel danger, aggravé par le fait que ces sages-femmes libérales ne peuvent avoir accès au plateau technique alors que la loi, normalement, les y autorise.
Une telle situation favorise l’augmentation du taux de césariennes officiellement tournant autour de 22% mais qui, à notre avis, est bien plus élevé compte tenu que les césariennes itératives ne sont pas toujours comptabilisées. Faudra t-il attendre pour s’intéresser à ce problème que soient atteints les taux de 50% de césariennes de l’Italie du sud et près de 70% pour le Brésil, avec toutes les conséquences que l’on connaît ?
Bien d’autres sujets de préoccupations pourraient être évoqués ici : - Le projet de naissance (qui prend corps) - L’épisiotomie (le CIANE a largement contribué à sa régulation à un taux extrêmement bas avec des indications exceptionnelles que l’on espère ainsi appliquées d’ici peu de temps). - Les préparations à la naissance qui permettraient aux mamans d’éviter entre autres la péridurale et moult complications (et éviteraient de nombreuse déchirures périnéales, comme le démontrent les statistiques) - Le respect du déroulement naturel des temps de l’accouchement, les modes de comportement de la part des professionnels de santé, dans l’allaitement maternel, dans les phénomènes d’attachement mère-enfant, dans l’évolution des rapports affectifs entre bébé et ses parents avec une orientation vers l’autonomie de l’enfant. Tout cela dans une prise de conscience « citoyenne » que la mère est capable, avec ses propres ressources, de mettre, dans 95% des cas, son enfant au monde, avec la conséquence importante pour l’enfant aimé, respecté, de voir son évolution physique, psycho-affective, intellectuelle, heureuse, équilibrée, pour assumer, ensuite, de manière harmonieuse sa vie de citoyen. - Et nous attendons toujours l’autorisation d’ouvertures de véritables « maisons de naissance » qui a pourtant été promise en de nombreuses occasions.
Il ne s’agit pas là de souhaits utopiques mais de réalisations possibles : dans tout cela les usagers ont leur mot à dire en confrontation transparente avec les professionnels de santé, avec tous les acteurs et partenaires de la naissance, en tenant compte également des réalités nationales actuelles. Ces modifications d’application de l’obstétrique, souhaitées par les usagers dans leur ensemble, sont d’autant plus aisées à réaliser quelles n’entraînent aucunes dépenses supplémentaires mais sont, au contraire, vectrices d’économies immédiates, d’économies à distance par une plus grande protection de santé des citoyens se prenant en charge d’une manière plus autonome, et favoriseraient le bonheur des usagers, mamans, papas, bébés.
Max Ploquin Fondateur de la Clinique Montaigne de Châteauroux Vice-président de la Sociéte française d’histoire de la naissance Président de l’association « Histoire et avenir de la naissance » et de l’association « Quelle naissance ? Les rencontres de Châteauroux » |